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PROPRIÉTAIRE

Laurence Marraud des Grottes

CRÉATION

1658

COMMUNE

Le Prêcheur

 

ON Y VA POUR...

Une promenade en forêt 

Le zamana 

Le restaurant

La rivière Céron

 

C’est au Prêcheur, à l’extrémité nord de la côte caraïbe, que vous trouverez le Céron, l’une des plus anciennes habitations de l’île fondée en 1658.

Pas étonnant quand on sait que c’est sur les flancs de la Montagne Pelée, à Saint-Pierre puis au Prêcheur que s’installent les premiers colons.

 
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On y a cultivé la canne, le manioc, le café, le cacao puis de la banane, mais c’est de l’histoire ancienne. Puis l'habitation a vivoté, la végétation exubérante a pris le dessus jusqu'à ce que, justement, c’est sur cette végétation qu’elle mise avec un atout de taille : un arbre plusieurs fois centenaire.

Plus connu pour ses lahars, que pour ses plages et sa végétation, le Prêcheur est resté dans l'ombre de Saint-Pierre, l'ancienne capitale de la Martinique, trop belle, trop brillante, trop prospère. Et lorsque Saint-Pierre est détruite par l'éruption de la Montagne Pelée en 1902, Le Prêcheur n'en est que plus isolé : trop loin, trop risqué, trop de mauvais souvenirs.

 

 

PROMENONS-NOUS DANS LE BOIS...

Ce qui frappe dès l’arrivée, c'est le vaste plan d'eau qui s'avère être un grand vivier à ciel ouvert :
c'est le bassin aux écrevisses qui font la renommée du restaurant de l’endroit. 

 
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L’habitation Céron s’ouvre sur une grande allée. Une, deux puis trois maisons de bois, les restes d’une rue pavée : vous êtes dans ce qui qui fut le quartier des esclaves, la rue cases-nègres qui était encore habitée jusqu’à la fin des années 60. On y a installé la boutique et les cuisines. Le restaurant quant à lui, a été installé sous un grand carbet.

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Passez par la boutique pour les tickets d’entrée : visite simple ou formule combinant visite et menu. La carte est un peu chère, mais il faut reconnaître que les produits sont frais, et avec la formule combinée, le rapport qualité-prix est correct.

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 Arrivée trop tard pour goûter les légendaires z'habitants (écrevisses), je me suis "contentée" d'une fricassée de lambis.

Arrivée trop tard pour goûter les légendaires z'habitants (écrevisses), je me suis "contentée" d'une fricassée de lambis.

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Est-ce un parc, un sous-bois ou une forêt, je ne saurais dire. Les arbres sont absolument immenses et tout au long du parcours, on devine l’organisation de l’habitation d’antan. Face à vous, la maison de maître en hauteur, toujours en hauteur, flanquée des deux grands bassins qui alimentaient l'habitation en eau. La maison ne se visite pas car les propriétaires y habitent.

Il y a les bâtiments de production : un moulin à eau, la sucrerie, le canal où s’écoulait le jus de canne, les chaudières, la purgerie où l’on égouttait le sucre avec la vinaigrerie où se faisait un tafia. Plus loin, la gragerie, où se râpait le manioc pour en faire de la farine.

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Il ne vous reste plus qu'à contourner sagement l’ensemble, prendre une petite passerelle, et le voilà : le fameux zamana !

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LE ZAMANA :  TROIS SIÈCLES VOUS CONTEMPLENT

Le zamana ou arbre à pluie a été introduit au début du 18ème pour qu’il protège de son ombre les plants de café et de cacao. Quand il pleut, ses petites feuilles se replient, laissant passer l'eau qui irrigue les plantations. Avec le soleil, elles s’ouvrent pour capter de la lumière, ce qui maintient un sol humide. Autant vous dire que le zamana est à son avantage les jours de grand ensoleillement’ sinon il a l’apparence d’un squelette démesuré, mais c’est impressionnant quand même.

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À l'heure où dérèglement climatique, préservation des espèces et préoccupations environnementales s'installent dans nos (mauvaises) consciences, l’habitation Céron en a fait son emblème : un zamana y a pris racine il y a 300 ans, vers 1720. On vient s'extasier sous le vénérable végétal en s'émerveillant de la splendeur de Mère Nature, si grande et si fragile.

 

Réalisation : PicaWorkfh films

 

Son solide tronc de plus de 2,50m de diamètre impose le respect : il faudrait presque 10 personnes se tenant la main pour en faire le tour. Ce zamana-là est l'un des plus beaux spécimens au monde, le plus gros arbre des Antilles, ce qui lui vaut en 2016 le titre de l’Arbre de l’Année décerné par le magazine Terre Sauvage et l’Office National des Forêts, un coup de projecteur inespéré pour ce petit coin de l’île délaissé des guides touristiques.

Il existe un autre zamana moins impressionnant au Lareinty. Celui-là a 150 ans. Une jeunesse ! Plus que deux siècles et ce sera la gloire.

 

 

UNE INSURRECTION, DEUX ÉRUPTIONS, UNE VINGTAINE D'OURAGANS...

Entre périodes de prospérité, changements d’activité au gré des mutations économiques, saisies et avis de déguerpissement, l'habitation Céron connait plusieurs propriétaires. 

Jean Leroux anobli sous le nom de Chapelle de Sainte Croix — les noms à rallonge, ça force le respect — est le premier. Lorsqu’il épouse en 1671 en secondes noces une veuve, Madeleine d’Orange, il agrandit son domaine qui avoisine alors les 300 hectares. À ses « grandes » heures, l’habitation a dû compter plus d’une centaine d’esclaves. Si notre zamana n’a pas connu Jean Leroux, il a dû voir vieillir ses enfants et a sans doute été le témoin de ce soulèvement d’esclaves un 20 mai, celui-là même qui allait accélérer l’application du décret d’abolition de l’esclavage deux jours plus tard, en 1848.

On dit du nord qu’il est éloigné de tout, tellement que Dieu lui-même n’a pas le loisir de s’en occuper. Est-ce pour cela que certaines des insurrections les plus violentes s’y sont produites, comme si les esclaves ne pouvaient même pas s’en remettre à Dieu pour un sort meilleur ? Je me suis rapprochée du zamana pour savoir... Point de confidences : l’arbre qui a vu passer les  éruptions de 1902 et 1929, plus d’une vingtaine d’ouragans, quelques séismes est resté mutique. Je n’ai entendu que le bruit du vent dans les feuilles et la rivière à côté, c’est déjà pas mal.

 

 

UN AVENIR EN CHOCOLAT

Aujourd'hui l’habitation appartient à la famille Marraud des Grottes et ne couvre plus que  75 hectares. Ils s’efforcent de relancer l’activité cacaoyère en misant sur la qualité en partenariat avec des chocolatiers locaux comme les frères Lauzéa.

 
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Un autre chapitre va s’ouvrir. J’espère bien l’écrire,
avec une tasse de chocolat chaud pour l'inspiration...

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BON À SAVOIR

  • Léon Albert, propriétaire du Céron vers 1820, avait pour grand-père Victor Hughes, nommé Commissaire de la République à la Guadeloupe, chargé d’appliquer le décret du 4 février 1794 qui prononce l'abolition de l'esclavage dans tous les territoires français, mais qui n'atteindra pas la Martinique.
  • Le site abriterait un cimetière hindou, mais cette découverte reste discutée.
  • Compter 2 voire 3 heures pour la visite, en particulier si vous déjeunez 
  • Vous pourrez patauger dans la rivière si le cœur vous en dit

POUR Y ALLER

 

LES CONTACTER

Téléphone : +596 596 48 27 53

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