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PROPRIÉTAIRE

Paul Dormoy

CRÉATION

1842

COMMUNE

Fort-de-France

 

ON Y VA POUR...

La distillerie encore en activité

La boutique

 

Qu’on se le dise : c’est avant tout par passion du rhum
que l’on vient à La Favorite.

Il n'y a pas de jardins à visiter.

La distillerie La Favorite n'organise pas de visite guidée. Dommage, car c'est l'une des rares encore en activité. Si vous avez de la chance, quelqu’un vous renseignera gentiment, mais d'une manière générale, les personnes qui s'affairent sur les lieux, sont bien trop occupés pour vous renseigner en détail.

Rassurez-vous, il y a bien une boutique où vous pourrez déguster, vous faire conseiller et acheter, les rhums blancs, vieux et hors d’âge de La Favorite.

 

La Favorite n'est pas le plus somptueux des domaines, mais je dois avouer que j'ai une petite faiblesse pour ce petit poucet des habitations rhumières de la Martinique, à mi-chemin entre Fort de France et le Lamentin. La Favorite est restée dans son jus. Les machines sont d’origine, tout comme les procédés de fabrication du rhum. Un mot me vient à l’esprit pour qualifier La Favorite : authentique.

La maison de maître est magnifique, mais vous ne pourrez la contempler qu’à bonne distance, derrière des grilles.

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L'HISTOIRE

On sait retracer l’origine de La Favorite jusqu’à 1842, mais peut-être est-elle plus ancienne. A l’origine, l’habitation s’étale sur près de 900 hectares, jusqu’à la mer. On l’appelle d’abord « La Jambette », du nom de la rivière qui alimentait le fonctionnement des machines de la sucrerie.

Avec la crise du sucre de la fin du 19ème siècle, La Jambette fait faillite. Henri Dormoy, un planteur de Saint-Pierre, qui a perdu son habitation dans l’éruption de la Montagne Pelée en 1902, l’achète aux enchères en 1903 et la transforme trois ans plus tard en distillerie en l’équipant de machines à vapeur, toujours en service aujourd’hui.

C’est maintenant Paul Dormoy qui gère La Favorite avec son fils Franck.

Aujourd’hui les champs de canne de La Favorite ne couvrent plus que 62 hectares et assurent plus que 60 % des besoins de la distillerie pour la production du rhum. Le reste est fourni par des petits planteurs indépendants.

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À TOUTE VAPEUR

La Favorite est une des sept distilleries fumantes de la Martinique, c’est-à-dire véritablement en activité. L’originalité de cette petite usine familiale tient dans son fonctionnement à l’ancienne, entièrement à la vapeur grâce à la retenue d’eau de la rivière Jambette qui date de 1842, et à l’utilisation de la bagasse, résidu du broyage de la canne à sucre, comme combustible.

La Favorite est autonome sur le plan énergétique. La préservation d’un procédé centenaire en fait une entreprise à la fois traditionnelle et moderne, à l’heure où l’on parle développement durable, abandon des énergies fossiles, limitation de l’empreinte carbone, sans vraiment savoir comment l’appliquer à l’échelle industrielle. Choix raisonné ou choix forcé, les Dormoy jouent la carte de l’authenticité, de la tradition et de la qualité en préservant l’outil de production d’origine, même si la contrepartie est un rendement moindre.

Les machines de la distillerie sont de très vielles dames qui poussent de la vapeur depuis plus d’un siècle. À l’image des machines Leavers qui ont fait la réputation de la dentelle de Calais, les machines Henri Marriol de La Favorite, sont uniques, les dernières dans leur genre. Mais qui les fait fonctionner, qui sait les entretenir, sont-elles en danger ? Ma première visite à La Favorite m’a laissée sur ma faim. Croyez-moi, j’ai des tas de questions qui j’espère bien, feront l’objet d’un post du blog. 


LA MAISON DE MAÎTRE : BEAUTÉ INACCESSIBLE

Henri Dormoy la fait construire au début des années 20. Les tourelles d'angle – qui lui ont valu le surnom de « château » – rappellent une autre magnifique maison de maître : le château Périnelle de l’habitation Depaz, à Saint-Pierre, au nord de l’île.

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Cette belle maison aujourd’hui classée monument historique, n’appartient plus à la famille Dormoy depuis la fin des années 60. On ne peut, semble-t-il, la visiter que pendant les journées du patrimoine. Le reste du temps, vous pourrez simplement l'apercevoir au travers de grilles depuis le chemin qui mène au parking de la distillerie. Une caméra et des pancartes dissuasives vous rappellent cependant que la demeure est désormais propriété de l'armée française…


LA BOUTIQUE

C’est un espace rénové, propre, soigné, mais somme toute assez impersonnel. Petit effort de décoration : des fûts à l’effigie de La Favorite – la maison de maître et ses deux tourelles – sont installés ici et là, histoire de donner un certain cachet. Tout l’intérêt de l’endroit est dans l’accès à la gamme des rhums La Favorite, blancs, ambrés, vieux et même hors d’âge (12 à 35 ans de vieillissement en fûts de chêne).

Derrière son comptoir, la vendeuse, très aimable, n’est pas avare d’explications et de conseils. Evidemment, la dégustation est offerte, sachant que tout abus, etc, etc.


BON À SAVOIR

  • L’architecture de la maison de maître rappelle celle de l’habitation Depaz — également connue sous le nom de Château Périnelle.  Elle serait le fruit d’un serment fait au front pendant la guerre 14-18, entre Henri Dormoy et son ami Pierre-François Depaz.
  • Le roi Louis XV serait à l’origine de la transformation du nom de La Jambette en La Favorite. Il lui aurait donné ce surnom autant en hommage à Madame de Pompadour qu’à la qualité de ses rhums.
  • Les Dormoy ont été propriétaires de l’habitation Saint-Étienne qu’ils ont dû revendre en 1994 aux frères Yves et José Hayot.

 

POUR Y ALLER

 

LES CONTACTER

Téléphone : +596 596 50 47 32

https://www.rhum-lafavorite.com/